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A la rue le 1er décembre...

27 novembre 2020 à 07h30 Par Nelly Albérola
Anne-Sophie Nicault et Bruno Simon vivent dans l'un des bungalows du camping municipal La Pelouse de Bergerac, depuis le début du second confinement.
Crédit photo : Nelly Albérola

Anne-Sophie Nicault et Bruno Simon seront de nouveau sans abri, le 1er décembre. Ce couple et cinq autres personnes vivent depuis le début du second confinement, soit depuis presqu’un mois, dans les 5 bungalows du camping municipal La Pelouse de Bergerac.

De nouveau à la rue dans 4 jours ! Les deux couples et les trois célibataires sont tous sous le choc, devant cette décision qui leur est soudaine.

► Écouter Anne-Sophie Nicault

« Nous n’avons aucune information, dit Anne-Sophie Nicault, l'une des sept occupantes des Mobile Home. Aucune. On doit juste être mis dehors avec un état des lieux. Il y a des problèmes de logement, il y a des problèmes à un niveau social qui est inacceptable et les peu de solutions qu’ils arrivent à trouver pour des gens qui n’ont pas de logement, c’est de les mettre dehors ? En plein confinement ? Donc on est dehors et on va se faire arrêter parce qu’on ne va pas respecter le couvre-feu, le confinement, et tout ce qui s’en suit ? Faut arrêter, faut juste arrêter. »

 

Plus qu'un toit

Les logements d’accueil pour les personnes sans domicile fixe de Bergerac étant quasiment tous pleins, la mairie s’était alors tournée vers le camping La Pelouse. Mais le maire Jonathan Prioleaud dit avoir appris que le lieu, sous délégation de service public et donc géré par un privé, se met en hivernage chaque année, car il n’aurait pas les équipements nécessaires pour fonctionner l’hiver.

Pour Bruno Simon, ce mobile home, qui est raccordé à l’électricité et à l’eau, est plus qu’un toit, c’est aussi la possibilité de préserver un peu une vie familiale.

► Écouter Bruno Simon

 « Il y a un monsieur qui reçoit sa fille de temps en temps. Il y a une dame, pareil, elle voudrait recevoir sa fille. Elle ne pourra pas. Car si on la remet dehors, elle ne pourra plus recevoir son enfant, explique-t-il. Moi, c’est pareil. Les deux jeunes hommes célibataires vont encore se retrouver à la rue. Sans savoir où aller, sans couverture, rien du tout. C’est pas cool. Même si on est bien, on ne dort plus car on ne sait pas dans quelle situation on va se retrouver. Avec tous les habits qu’on peut avoir, notre chienne elle… Surtout ma femme, que je ne veux pas laisser dehors… Je trouve ça inadmissible en fait. »   

 

Chambres d'hôtel

Le maire de Bergerac assure que toutes les mesures sont prises pour trouver une solution alternative.

► Écouter Jonathan Prioleaud

 « Depuis hier, la ville de Bergerac à travers son CCAS travaille ardemment à trouver une solution à chacune et à chacun, et j’espère bien que dès demain, nous aurons une solution pour tous, dit le maire. Sinon, je verrai avec les services de l’Etat directement, et s’il le faut, nous prendrons, nous ville de Bergerac, des chambres d’hôtel pour accompagner ces personnes et nous les facturerons à l’Etat. »  

 

Mais pas facile d’être à l’hôtel avec des animaux de compagnie, « et pour combien de temps ? », s’inquiètent les personnes concernées. Hier soir, la sous-préfète de Bergerac les a également contactées, leur assurant qu’elle travaillait aussi à une solution d’ici mardi.

En attendant, les occupants des bungalows du camping La Pelouse ont lancé une pétition pour demander à rester sur place, au moins pour la période hivernale.