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Bars et restaurants : Les grands oubliés du gouvernement

30 novembre 2020 à 07h30 Par Nelly Albérola
Jean-Louis Viargues remercie la clientèle de la Chartreuse du Bignac pour le soutien moral apporté en cette période difficile.
Crédit photo : NA

Alors que la plupart des commerces ont rouvert leurs portes ce weekend, les bars et restaurants, eux, désespèrent de revoir un jour leurs clients. Le gouvernement a annoncé la réouverture potentielle de ces commerces, l’année prochaine. « Pas avant le 20 janvier au moins ». Pour les professionnels du département, la mesure est vécue comme une punition, voire une mise à mort.

« Mais que leur a-t-on fait pour qu’ils nous détestent à ce point ? » C’est dans ces termes que Marie-Thérèse De Nardi résume l’annonce du gouvernement. La gérante du Védry, ce bar incontournable du quartier de la Madeleine à Bergerac, garde toujours le sourire lorsqu’elle sert ses boissons ou pâtisseries à emporter à ses clients fidèles. Mais aujourd’hui, elle voit sa bonne humeur mise à rude épreuve. « Beaucoup d’établissements n’y survivront pas », dit-elle. Et les aides n’y changeront rien.

► Écouter Marie-Thérèse De Nardi

 « Ça ne suffira pas de toute façon. Le chiffre d’affaire que nous faisons.  Ce n’est pas les 20% qu’ils vont nous donner, et encore : si on les a, qui vont nous aider à surmonter tout ça. »

 

Tout sauf un troisième confinement

Même son de cloche chez les restaurateurs. A la Chartreuse du Bignac, à Saint-Nexans, Jean-Louis Viargues veut rester positif. Il est prêt à sacrifier les fêtes de fin d’année, notamment le réveillon traditionnel du jour de l’an, date importante pour de nombreux restaurateurs, s’il a l’assurance de rouvrir pour de bon en début d’année.

► Écouter Jean-Louis Viargues

 « Ce que je crains le plus, la pire des choses pour nous, ce serait un troisième confinement. Là, on a pris le choc du premier, on va survivre au second malgré l’impossibilité de faire le réveillon (mais on va le faire différemment), mais le troisième, là… On disparaît. »

Pour Jean-Luc Bousquet, le président de l’Union des Métiers et Industries de l’Hôtellerie (UMIH) de Dordogne, leurs professions sont oubliées volontairement par le gouvernement car les politiciens, selon lui, associent automatiquement les clusters, les formations de cas Covid, à la restauration.

► Écouter Jean-Luc Bousquet

« Nous sommes depuis le début un peu stigmatisés. On pense sans raison réelle puisqu’il n’y a pas eu d’études qui ont démontré que des clusters se formaient dans nos établissements, mais certaines postures nous ont mis en bouc-émissaire de l’épidémie. Et c’est assez insupportable car cela ne repose sur aucune donnée scientifique. »

 

Le président de l’UMIH qui rappelle que l’hôtellerie fait également partie de ces grands oubliés et que de nombreuses autres professions dépendent de la restauration, comme les pêcheurs ou les ostréiculteurs, notamment en période de fêtes de fin d’année.