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Cancer du col de l'utérus : allez vous faire dépister!

25 janvier 2021 à 07h30 Par Nelly Albérola
Crédit photo : DR

C'est aujourd'hui que commence la 15e semaine européenne de prévention au cancer du col de l'utérus. Pour l'occasion, et pour la première fois, la région lance une campagne de dépistage organisé sur tout le territoire néo-aquitain.

C'est le CRCDC-NA, le Centre Régional de Coordination de Dépistage des Cancers de Nouvelle-Aquitaine, qui est à la tête de cette campagne.

Une campagne plus de sensibilisation au dépistage que de dépistage-même, par l'envoi d'un courrier pour rappeler aux femmes de la région, âgées de 25 à 65 ans, l'importance de se faire contrôler. Un simple test HPV, une fois tous les trois ans, pour les 25-29 ans, puis une fois tous les 5 ans pour les plus de 30 ans, permet de déterminer si vous êtes infectées par un virus de papillome humain (VPH ou HPV en anglais, Ndlr), plus connu sous le nom « PapillomaVirus » et responsable de la quasi-totalité des cancers du col de l'utérus.

Les médecins estiment qu'en moyenne, 80% des femmes seront touchées dans leur vie par un HPV.

Avoir le virus ne signifie pas obligatoirement avoir un cancer du col de l'utérus.

Selon Santé Publique France, dans 90% des cas, le système immunitaire va éliminer le virus, seul, en moins de 2 ans. Mais pour les 10% des cas restants, ce virus peut alors être un terrain favorable aux lésions pré-cancéreuses qui, elles aussi, peuvent disparaître naturellement, ou évoluer en cancer au fil des années.

D'où l'importance du dépistage, qui est d'ailleurs pris en charge par la sécurité sociale, c'est toujours bon de le souligner.

Rappelons tout de même que le cancer du col de l'utérus est la 2eme cause de décès par cancer chez la femme de moins de 45 ans. En France, chaque année, c'est 3000 nouveaux cas et 1100 décès.

Vaccination contre les infections aux HPV

C'est un moyen complémentaire pour réduire le nombre de lésions pré-cancéreuses et cancéreuses, mais ce n'est pas suffisant. Car il n'y a pas qu'un papillomavirus, qu'un seul type d'HPV, mais plus de 200, dont au moins 12 dits « à haut risque », à savoir : responsable de cancers de col de l'utérus.

Les HPV qui se transmettent par voie sexuelle, rappelons-le. Les médecins invitent donc les parents à faire vacciner leurs enfants et pré-adolescents, de 11 à 14 ans, soit avant leurs premiers rapports sexuels. Une vaccination qui peut aussi être proposée en rattrapage jusqu'à 19 ans inclus.

Soulignons d'ailleurs que cette vaccination ne concerne pas que les filles, mais bien tous les jeunes n'ayant pas encore eu de rapports.

Où se faire dépister?

Généralement, votre gynécologue ou votre médecin traitant peuvent réaliser ce test qui consiste en un frottis classique. Mais comme il n'est pas facile d'obtenir un RDV, les sages-femmes, les centres d'examen, mais aussi certains laboratoires de santé peuvent également le faire.

Le Centre Régional de Coordination des Dépistages des Cancers en Nouvelle-Aquitaine dit être bien conscient de cette difficulté d'accès, notamment dans des départements tels que le nôtre où les médecins se font de plus en plus rares. « Réduire les inégalités de recours au test est l'un de nos objectifs », assure-t-il.

Mais le chemin va être long : en moyenne, 40% des femmes ne se font pas dépister, soit près de 600.000 femmes en région Nouvelle-Aquitaine.

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