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Crise de la Covid, les cinémas font ce qu'ils peuvent pour tenir

27 octobre 2020 à 07h40 Par Nelly Albérola
Du fait de la crise sanitaire, la fréquentation des salles de la région a chuté de 50 à 75%, selon le conseil régional.
Crédit photo : DR

Le secteur de la culture fait partie des professionnels les plus touchés par la crise sanitaire. Parmi lesquels les salles de cinéma. Fermées entre mars et juin, elles peinent à retrouver une cadence d’avant le confinement.

La semaine dernière, le conseil régional de Nouvelle Aquitaine a débloqué 990.000 euros pour venir en aide aux cinémas « Art et essai » de la région. Soit 174 salles.

En Dordogne, le Grand Ecran de Bergerac devrait percevoir 4.000 euros. Pour le responsable marketing et exploitation de la salle, Philippe Fridemann, cette enveloppe est bien sûr la bienvenue, considérée comme une soupape dans sa trésorerie, alors que le public peine à se rendre dans les salles obscures.

► Écouter Philippe Fridemann

« On travaille tous dans le sens afin de reconstituer notre trésorerie. Et on fait le maximum, et je rappelle qu’on a l’un des protocoles sanitaires les plus efficaces, parmi l’ensemble des professions, qu’il n’y a pas eu un seul cluster dans le monde qui a été détecté à la suite d’un passage de clientèle dans les salles de cinéma. On fait le maximum pour rassurer le public. /…/ On peut faire ce qu’on veut, il y a aussi une période actuelle où on voit une espèce d’ambiance un peu anxiogène. Ça reste toujours un peu compliqué pour les gens de reprendre le cours normal de leur vie. Il y a des choses qui sont vitales. Je pense à l’alimentation où les gens n’ont pas de mal à aller dans les supermarchés, dans les supérettes, etc. Parce qu’il s’agit d’un acte vital si vous voulez. Je considère que la culture est un acte vital aussi, mais bon, voilà. »

 

Report et annulation de films

Outre le manque de public, les salles de cinéma souffrent également d’un manque de films…. Beaucoup de distributeurs ayant reporté, voire annulé les projections, préférant diffuser directement sur des plateformes de VOD, telles que Netflix, Apple ou Amazon. Les cinémas doivent alors se réinventer, trouver de nouveaux partenariats, mais c’est loin d’être facile et suffisant.

► Écouter Philippe Fridemann

 « On a une machine qui est alimentée toutes les semaines en films, et quand vous enlevez une semaine, deux, trois, un mois, et là en l’occurrence, cela fait 6 mois que la pandémie nous cause quelques soucis, c’est très dur de relancer la machine et de retomber sur un ‘‘trend’’ d’activité qui est normal. On pense à plein de choses, on essaie, on a renforcé les partenariats, les soirées à thèmes, etc. Mais malheureusement, ce n’est qu’une petite partie de nos entrées et de notre fréquentation. On souffre des films grand public, qu’ils soient français ou américains, on a besoin d’avoir une visibilité avec des produits très porteurs, pour relancer l’ensemble de la machine qui peut être compliquée, voire très compliquée à relancer quand on a un arrêt trop prolongé, comme c’est le cas à l’heure actuelle. »

Selon la région, les salles de cinéma de Nouvelle-Aquitaine, classées ou non art et essai, ont vu leur fréquentation baisser de 50 à 75% cette année.