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Et si c'était vous, le prochain incubé?

28 octobre 2020 à 07h30 Par Nelly Albérola
Par petits groupes, les "incubés" de Dordogne ont rencontré ceux du Lot-et-Garonne, pour un atelier de coopération, jeudi dernier, à Bergerac.
Crédit photo : NA

Dit comme cela, on croirait parler au mieux d'un œuf couvé, au pire d'un virus, mais en réalité, il s'agit de développer... des idées.

Et plus précisément des projets collectifs qui ont, ou veulent avoir, un impact sur le territoire.

C'est tout le concept d'Emergence Périgord. Créé en 2018, cet incubateur spécialisé en économie sociale et solidaire recherche aujourd'hui de nouveaux projets à soutenir en Dordogne.

► Écouter Pierre Simonnet

« On est très vigilants à ce qu’il y ait un vrai collectif qui s’embarque sur le projet et que tout ne repose pas que sur une seule personne, souligne Pierre Simonnet, chargé de mission pour l’incubateur Emergence Périgord. Après, cela va être toute la construction de l’offre de service, de l’étude de marché. C’est là que nous jouons un rôle de relais, car on connait les institutionnels sur le territoire, donc on aiguille les porteurs de projets, on les aide vraiment à affiner ce travail. Vient enfin la levée de fonds, qui reste le nerf de la guerre. On les accompagne pour qu’ils puissent démarrer et amorcer leur activité. »

Un soutien gratuit 

Basée à Belvès, l'association Happy Cultors fait partie des incubés de la promotion 2020. Toute l'année, la co-lauréate des Trophées du développement durable de Dordogne a été accompagnée gratuitement* par Emergence Périgord dans son projet de potager pédagogique. « Une véritable chance », aux dires de l'une des salariés de l'asso, Margaux Bounine-Cabalé.

► Écouter Margaux Bounine-Cabalé

« J’ai une formation qui n’a rien à voir avec la gestion de projet, je n’ai jamais eu de cours de comptabilité, de cours sur le faire ensemble, et l’incubateur nous a accompagné dans toute la structuration du budget prévisionnel notamment. On n’avait vraiment aucune connaissance sur le fonctionnement du financement de ce type de projet. Donc c’était vraiment un gros atout. Après, l’incubateur apporte tout un tas d’outils qu’on utilise au gré de nos besoins et qui sont une plus-value, même pour des projets à l’avenir. »

Partager les connaissances et les moyens

La semaine dernière, la structure d'accompagnement a réalisé un atelier de coopération avec des incubés de Dordogne et du Lot-et-Garonne. L'occasion pour Margaux de rencontrer Angélique Cantayre, et son projet d'espace non marchand, L'entraide, à Villeneuve-sur-Lot.

► Écouter Angélique Cantayre

« Elle, c’est une ferme, nous, c’est une boutique. On pourrait se dire c’est pas du tout, mais si, si. Ne serait-ce que par la mutualisation du local : eux, ça leur permettrait de pouvoir travailler toute l’année, même l’hiver, quand il ne fait pas beau. Et nous, ça nous permettrait de pouvoir proposer à nos utilisateurs d’aller vers l’extérieur. C’est très intéressant à faire comme travail, car même si cela ne nous servira pas pour nos deux projets ensemble, cela nous servira, chacune de notre côté, pour pouvoir réfléchir à des coopérations possibles. »

Sur la douzaine de projets reçus, Emergence Périgord n'en retient que la moitié dans son parcours d'incubation. Les candidats qui souhaiteraient faire partie de la prochaine promotion ont jusqu'au 16 novembre pour déposer leur dossier.

Infos et détails de l'appel à projet se retrouvent sur le site internet d’Emergence Périgord, rubrique ''je candidate''.

*Financée majoritairement sur fond public, région et Union européenne en tête, l'offre d'accompagnement est gratuite pour les porteurs de projets.