La Dordogne, leader français en matière de cantines 100% bio


21 octobre 2020 - 1780 vues

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le chemin n’aura pas été facile pour l’établissement scolaire qui réussit, donc, à fournir 1050 repas 100% bio et local, par jour.

Un défi à tous les niveaux, à commencer par le prix du plateau-repas, qui devait absolument rester le même, à savoir 1,59 euros. Les équipes du collège Jean Rostand ont alors pris les devants, allant à la rencontre des agriculteurs, éleveurs, producteurs et artisans locaux. Comme l'explique Céline Bondy, la principale de l’établissement montponnais.

Écouter Céline Bondy

« C’est beaucoup de travail sur le terrain pour rechercher les producteurs, pour les aider à rentrer sur des plateformes. C’est un vrai accompagnement que l’équipe a mis en place pour aider les petits producteurs à pouvoir participer à ses marchés. Et de fil en aiguille, ça nous permet de garder des coûts constants, de manière à ce que cette démarche ne soit pas financièrement parlant intenable, et surtout que le prix du ticket-cantine reste constant pour les parents d’élève, pour les usagers. »

Des produits locaux et bio

Pour les accompagner dans leur virage 100% bio et local, le collège a été accompagné d’une nutritionniste, ainsi que de Jean-Marc Mouillac, cuisinier, animateur et formateur pour le compte du Conseil départemental. Une aide précieuse car l’équipe en cuisine a dû tout revoir, réapprendre à travailler les produits bio, dans un monde où ce terme est largement galvaudé.

Écouter Jean-Marc Mouillac

« Pour moi, je parle de fait-maison, de juste rémunération au monde paysan qui nous nourrit, qui dessine le paysage qu’on regarde. Je ne parle pas que de bio. Bio, ça veut seulement dire la vie. Maintenant, c’est devenu une mode reprise par tous les industriels et tous ceux qui ont tout détruit. Et aujourd’hui, ils se resservent de ça pour, pareil, tout détruire et non faire un partage. La seule solution pour moi quand je fais du bio, c’est pour que ce soit un partage avec le plus grand nombre. »

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Crédits: NA. Olivier Roellinger, parrain du collectif "Les pieds dans le plat".

De vraies cuisines comme cantine scolaire

Également présent pour l’événement : Olivier Roellinger, parrain du collectif « Les pieds dans le plat », qui œuvre pour une transition alimentaire biologique, saine et durable. Le grand chef français a tenu à montrer son admiration et son soutien au travail réalisé en Dordogne, alors que tant de choses restent à faire dans le reste de la France.

Écouter Olivier Roellinger

« La première chose, c’est de refaire des cuisines dans les lieux d’éducation. J’ai trop vu d’endroits où l’on a supprimé la cuisine, où l’on réchauffe et où les produits sont faits industriellement dans un tout autre endroit. Ça, c’est une aberration ! »

Question de volonté

Olivier Roellinger qui verrait bien le bien-manger inscrit dans la Constitution française. Comme l’a souligné Germinal Peiro : « Tout est possible s’il y a la volonté politique. » Le président du Conseil départemental, lui, assure l’avoir, en tout cas pour ce qui est des cantines scolaires.

Écouter Germinal Peiro

« C’est pour nous un engagement social : Travailler pour l’égalité des chances, c’est aussi travailler pour l’égalité face à l’alimentation. C’est un engagement économique : Faire travailler du local, c’est redonner du travail ou donner du travail à des agriculteurs de la Dordogne, c’est favoriser et soutenir l’économie de la Dordogne. Et c’est en plus un engagement environnemental : En raccourcissant les circuits, c’est aussi protéger la planète. Donc c’est gagnant sur toute la ligne. »

Germinal Peiro qui vise le 100% bio et local dans tous les collèges de Dordogne… Et même dans tous les établissements publics. Aux dires du président du Conseil départemental, les discussions ont déjà commencé avec l’EPHAD de Thiviers.

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