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La télémédecine arrive au domicile des patients bergeracois

03 octobre 2019 à 07h30 Par Émilie BAR
Lætitia Carlier, la présidente de la CPTS - Pôle de santé du Bergeracois
Crédit photo : EB

Un projet porté par la CPTS – Pôle de Santé du Bergeracois. La CPTS, la Communauté professionnelle territoriale de santé. En écho aux téléconsultations qui se déroulent déjà à l’ehpad de La Madeleine à Bergerac.

Des téléconsultations au domicile, quasiment une première en France.

A Bergerac, elles concernent pour l’instant les personnes âgées ou atteintes de maladies chroniques et en affection longue durée ainsi que les aidants pour qui il est parfois difficile de se déplacer.

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Une visio-consultation qui sera consacrée donc à l’échange entre patient et médecin. Un gain de temps pour les médecins qui n’ont plus à se déplacer même si bien entendu, le patient pourra toujours se rendre au cabinet. Plus de travail en revanche pour les infirmières qui passeront plus de temps au domicile des patients et qui auront parfois à compléter les examens en visio avec le médecin. L’idée est aussi de faire rentrer les pharmaciens dans la boucle avec l’envoi des ordonnances par internet pour la livraison à domicile des prescriptions.

La télémédecine à domicile est entrée en vigueur le 9 septembre pour une période de test de 4 mois

Avec une dizaine de médecins de Bergerac qui sont partie prenante pour déjà une vingtaine de patients. 6 infirmières de la CPTS pour les encadrer. Des chiffres amenés à bouger dans les semaines qui viennent avec potentiellement l’extension du procédé aux communes voisines. Reste à régler le problème de la connexion internet.

La validation de la phase test, ensuite, permettrait à d’autres infirmières libérales de se former et de s’inscrire dans cette démarche de télémédecine. Notez, que dès le mois de janvier, ces actes pourront enfin être reconnus et rémunérés. D’ici là, la phase test est financée par l’agence régionale de santé, la région et l’association e-santé et territoire. Budget estimé : 12.000 euros.

A terme, la CPTS espère, comme pour l’ehpad de la Madeleine, pouvoir développer les téléconsultations avec des spécialistes et surtout permettre à des personnes de réintégrer un parcours médical.

A l’ehpad de la Madeleine, on teste les téléconsultations depuis presque un an maintenant et il y a encore eu des avancées ces dernières semaines.

On ne parle plus seulement de téléconsultation pour les résidents de l’ehpad mais aussi de téléexpertise. La téléexpertise c’est lorsqu’un médecin traitant demande à un spécialiste, à distance toujours, son avis sur un cas défini. Rien de bien nouveau à priori puisque les généralistes prennent régulièrement attaches avec leurs confrères spécialisés. Mais l’outil numérique devrait permettre d’améliorer et sécuriser le parcours du patient. Pour exemple, le généraliste pourra envoyer des clichés d’un grain de beauté en très haute définition à un dermatologue qui l’examinera aussitôt. Pour le patient c’est deux à trois mois d’attente de gagné et en cas de problème sérieux, l’assurance d’une prise en charge plus rapide par le dermato.

Parcours sécurisé aussi grâce à la mise en place de multiples conventions avec des hôpitaux et spécialistes. Essentiel pour Sylvain Connangle, le directeur de l’ehpad.

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Donner du sens mais aussi faire attention aux dérives possibles car des risques, il y en a.

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Voilà, Sylvain Connangle, le directeur de l’ehpad de la Madeleine. L’ehpad qui compte déjà deux salles de téléconsultation. Une troisième devrait arriver pour permettre à des structures extérieures d’en bénéficier. En projet aussi, le recrutement de plus de médecins généralistes et l’ouverture d’autres spécialités comme les soins bucco-dentaires, l’ophtalmologie ou encore tout ce qui concerne le diabète.