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La victoire des opposants au contournement de Beynac

09 avril 2019 à 10h14 Par Émilie BAR
Crédit photo : DR

Le tribunal administratif de Bordeaux a rendu sa décision ce matin. Il annule l’arrêté préfectoral qui autorisait les travaux. Le chantier suspendu après la décision du conseil d’État ne reprendra pas. En tout cas pas de sitôt.

Le tribunal administratif de Bordeaux a en effet estimé que le projet ne répond pas à une raison impérative d’intérêt public présentant un caractère majeur. Pas de raison donc de prendre le risque de nuire à la biosphère.

On rappelle que le projet de contournement, vieux de plus de 30 ans, comprenait notamment une nouvelle voie de circulation de 3,2 km avec deux nouveaux ponts sur la Dordogne. Un chantier estimé à plus de 32 millions d’euros et dont l’objectif était d’alléger la circulation dans le village de Beynac, surtout les mois d’été, et de faciliter la circulation entre Sainte-Foy-la-Grande et Souillac. Un argument pas suffisant pour le tribunal qui a donc donné raison, contre toute attente à la Sepanso et à l’association de défense de la vallée de la Dordogne. Contre toute attente parce que le rapporteur public avait soutenu les arguments du conseil départemental, porteur du projet, lors de l’audience il y a 15 jours. Et il est rare que le tribunal ne suive pas ses conclusions. Un bonne surprise donc pour les opposants.

« La nature a gagné », s’est réjoui Michel André, le président de la Sepanso et l’un des opposants les plus actif au projet. Pour lui le dossier est tout bonnement enterré même si le conseil départemental décide de faire appel. «Et au-delà de la nature ce sont les contribuables qui sont gagnants aussi. Des millions d’euros d’économisés », ajoute Michel André pour qui le combat ne s’arrête pas pour autant. « Il va maintenant falloir que le porteur de projet, entendre Germinal Peiro, rende des comptes. Il a eu un comportement qui dépasse l’entendement d’un président de conseil départemental », ajoute l’opposant qui souhaite que les sommes engagées soient maintenant restituées aux Périgourdins.

Même discours du côté de la mairie de Beynac. Pour Daniel Doublier, adjoint au maire : « Ce jugement fait preuve d'une grande sagesse. Ce projet à l'intérêt limité aurait défiguré à jamais la vallée. La décision des juges bordelais va permettre d'économiser beaucoup d'argent aux contribuables de Dordogne tout en préservant la richesse touristique du Périgord Noir ».

Satisfaction enfin du côté des personnalités qui avaient soutenu les opposants. Dans un tweet Stéphane Bern n’y va toujours pas de main morte « Il ne reste à espérer que Germinal Peiro et Benjamin Delrieu respecteront enfin la loi républicaine pour cesser le massacre du patrimoine ». Fin de citation.

Les services de l'Etat et du département se rencontreront dans les prochains jours afin d'évoquer les mesures de sécurité du site déjà mises en œuvre ainsi que les suites que le département entend donner.

Et la suite, pour Germinal Peiro, c’est faire appel de la décision du tribunal administratif. Le département qui revendique un soutien massif des habitants et rappelle qu’il avait obtenu l’ensemble des autorisations légales. Et de marteler ses arguments en faveur d’un « aménagement à la fois indispensable à la sécurité des usagers de la route, à la protection du patrimoine, de l’environnement et à l’attractivité économique et touristique de la Dordogne ».