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Médecins spécialistes : situation critique d'ici 5 ans

18 avril 2019 à 07h58 Par Émilie BAR
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Crédit photo : DR

La galère pour prendre un rendez-vous avec un médecin spécialiste, c’est le quotidien des Bergeracois.

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Ce n’est pas nouveau les spécialistes se font de plus en plus rares partout en France. Et la situation est encore plus critique en Bergeracois.

Plus qu’une seule gynécologue libérale à Bergerac contre 5 ou 6 il y a encore quelques années. Le Docteur Marie-Odile Beauchamps pourrait prendre sa retraite mais elle a décidé de donner à ses patients encore un peu de temps.

Même chose du côté des cardiologues. Ils ne sont plus que deux et approchent de l’âge de la retraite eux aussi. Schéma semblable en dermatologie ou encore en neurologie.

Nos spécialistes ont presque tous la soixantaine. Autant dire que d’ici 5 ans ce sera l’hécatombe. Une situation qui était pourtant prévisible. Xavier Beauchamps, chirurgien orthopédiste à la clinique Pasteur de Bergerac et Vice-président du Pôle de santé de Bergerac en charge des spécialistes.

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Situation anticipable mais pas anticipée donc et le problème est d’autant plus critique pour les villes de la taille de Bergerac.

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A Bergerac, il faut compter en moyenne un an pour obtenir un rendez-vous chez l’ophtalmo, plusieurs mois pour voir un cardiologue ou encore un ORL. Et face à cette situation aucune solution immédiate.

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Concrètement ça veut dire qu’il va falloir repenser la pratique de la médecine. En gynécologie médicale par exemple, les patientes vont être orientées vers des généralistes, mais la démarche n’est pas toujours facile pour certaines femmes. Les sages-femmes pourront également réaliser certains actes. On compte sur elles pour les frottis notamment. Mais quid des actes spécifiques ? Il n’y a pas de solution immédiate assure Xavier Beauchamps.

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La suppression du numerus clausus par le gouvernement actuel n’aura donc d’effet que dans 10 à 15 ans. D’ici là, la mise à disposition d’assistants pour les médecins généralistes et spécialistes pourrait servir de pansement. « Mais elle est conditionnée à une augmentation de la cadence des consultations », prévient Xavier Beauchamps qui dénonce dans le même temps les pressions exercées sur les médecins toujours en poste. Autre piste, le développement de la télémédecine. Mais là aussi prudence face aux plateformes en ligne qui assurent être remboursées par la Sécu. « C’est faux », assure l’orthopédiste qui met en garde contre une médecine basée sur le même principe qu’un service client de fournisseur internet par exemple.

Reste la solution d’aller voir ailleurs. A l’hôpital, en tension également ou dans une autre ville. A Périgueux, Libourne ou même Bordeaux. Avec à terme, le risque de création d’une médecine à deux vitesses. Là encore il s’agit d’un choix politique.

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Rien de très rassurant donc pour les années à venir d’autant que le manque de spécialistes peut également jouer sur le recrutement des généralistes, qui ont besoin, pour travailler dans de bonnes conditions de pouvoir compter sur des spécialistes en qui ils ont confiance.

Le cas des gynécologues médicaux :

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Et puis danger aussi sur la prévention. Celles qui allaient à reculons chez le gynéco par exemple pour un contrôle, prendront encore moins la peine de se faire contrôler que ce soit chez un généraliste, une sage-femme ou dans une autre ville….