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Prévention SIDA : diagnostic inquiétant en Bergeracois

02 octobre 2019 à 06h52 Par Émilie BAR
Jean-Jacques Malbec sur son stand lors de la Périgord pride de Bergerac en juillet dernier.
Crédit photo : DR -

Du plomb dans l’aile pour la prévention contre le virus du SIDA.

L’association ActupienNEs, installée à Bergerac depuis un an dresse un diagnostic inquiétant de la lutte contre le sida sur notre territoire. Préservatifs gratuits distribués en nombre insuffisant, dépistage trop peu accessible, méconnaissance des pratiques de dépistage, méconnaissance, tout simplement, de la maladie et de son mode de transmission. Les manquements relevés sont nombreux alors que la maladie est toujours bien présente. 7.500 personnes séropositives en Nouvelle-Aquitaine en 2016 et près de 1.500 autres non diagnostiquées. Pour Jean-Jacques Malbec, le responsable de l’antenne bergeracoise de l’association parisienne, les pouvoirs publics ont mis de côté le VIH « alors que l’on meurt toujours du SIDA en France », dit-il.

8.000 préservatifs commandés pour toute la Dordogne pour l’année 2019 par l’Agence régionale de santé quand rien qu’à Bergerac, Jean-Jacques en a déjà écoulé 12.000 depuis le début de l’année sur son stand au marché, au PQP, chez Albert ou encore aux Restos du cœur. Alors « l’année prochaine les stocks ARS risquent de doubler », dit-il mais pour l’animateur Bergeracois ce sera toujours insuffisant.

Jean-Jacques Malbec qui alerte par ailleurs sur la réduction des créneaux de dépistage au CeGIDD de Bergerac, le Centre Gratuit d'Informations, de Dépistage et de Diagnostic.

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En cause selon lui la réduction des budgets alloués par l’agence régionale de santé et une mauvaise répartition de ceux-ci. Jean-Jacques Malbec qui met en vis à vis les 11h d’ouverture du CeGIDD à Bergerac contre les 60 à Périgueux. Le CeGIDD de Bergerac qui, par ailleurs, ne propose pas de dépistage par TROD, le test rapide d’orientation diagnostique. Dépistage en 30 minutes complètement fiable 3 mois après la prise de risque. Un test que l’association aimerait pouvoir mettre en place à Bergerac via un camion de la prévention. Coût de l’opération : 7.000 euros par an. Une somme dont l’asso ne dispose pas. Alors Jean-Jacques Malbec en appelle aux collectivités locales et à la CAB notamment. « Elle pourrait également distribuer des préservatifs gratuits, lancer une campagne de communication. Ce sont des choix politiques », assure t-il mais « il y a une méconnaissance à tous les niveaux désormais », ajoute t-il. Même au sein du corps médical et notamment concernant la PrEP, ce traitement médicamenteux préventif pour les personnes non contaminées.

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Et pour avoir ce traitement en Dordogne, il faut se rendre au CeGIDD de Périgueux et multiplier les visites. Un traitement qui reste donc inaccessible à beaucoup de Périgourdins. « Là aussi il faut mettre les moyens financiers », continue Jean-Jacques Malbec.

Et en attendant une réactions des autorités politiques et sanitaires, l’association bergeracoise va continuer à œuvrer pour la prévention. ActupienNEs aura un stand sur le marché des créateurs en décembre et propose avant cela une expo au bar le PQP qui incite à la vaccination contre le Papillomavirus. Ce sera du 18 au 30 octobre.

Notez également que l’association recherche des bénévoles. 

Pour contacter l'association ActupienNEs - antenne de Bergerac

lesactupiennesbergerac@gmail.com

06 06 46 64 09

https://lesactupiennes.fr/